Engagement associatif et économie sociale
L’engagement associatif, dans un monde très largement déstructuré, constitue toujours le premier maillon des solidarités entre individus, entre les citoyens et les collectivités locales, entre les générations. L’association est le premier lieu d’engagement des bénévoles qui participent ainsi à tisser des liens sur les territoires. Par sa capacité à innover dans tous les
domaines, culturels, sportifs, sociaux, éducatifs et de loisirs, le secteur associatif contribue à rendre plus attractifs les lieux de vie de chacun et apportent des réponses concrètes aux besoins des habitants. La pratique du bénévolat basée sur des valeurs humanistes et solidaires doit être partout encouragée parce qu’elle est un élément structurant de la vie locale. Le bénévolat, compte tenu des nouveaux modes de vie - dissociation des lieux de vie et d’emploi, ruptures professionnelles ou familiales, centres d’intérêts locaux et solidarité internationale – s’appuie sur des engagements de plus courte durée et plus ciblés.
Jeunes ou moins jeunes sont tous concernés par ces évolutions. L’impact des pratiques numériques sur les relations sociales entre les jeunes est plutôt un facteur d’engagement qu’il convient d’analyser pour faire évoluer les relations au sein des associations ou des associations entre elles. Si les techniques de communication permettent aux jeunes et adultes d’échanger sur des réseaux, de se réaliser en tant qu’individu, de participer à des projets, il nous faut prendre en compte ces dimensions. Elles sont complémentaires des lieux de rencontres, d’échanges entre les personnes qui fondent l’humanité.
La Ligue de l’Enseignement FOCEL de Seine-et-Marne inscrit l’ensemble de ses actions dans ce cadre. Dès le plus jeune âge dans ses centres de loisirs ou de vacances, dans ses associations sportives, au sein de l’école, la FOCEL permet aux enfants et aux jeunes de développer des microprojets, d’agir, de favoriser les échanges humains et de contribuer aux premières solidarités. Pour les adolescents et les jeunes, le développement des « Juniors associations », l’implication dans la vie des collèges et du lycée, les pratiques musicales et sportives, démontrent que l’engagement bénévole des jeunes est une réalité. La FOCEL continue de répondre à leurs attentes par des formations appropriées, par l’aide aux montages de projets, par son intervention auprès des pouvoirs publics. Avec ce secteur associatif multiforme, la FOCEL a continué, également, de développer son ancrage dans l’économie sociale et solidaire. Dans notre département qui représente la moitié de l’Ile-de-France, ou les trajets domicile-travail s’allongent, ou plus de la moitié de la population vit dans un monde « rurbain », les besoins des services à la personne s’accroissent.
La FOCEL, dans ses domaines de compétences – les accueils post et péri-scolaires, les accueils de loisirs, l’accompagnement éducatif – a choisi de répondre aux contrats ou délégations de services publics proposés par les communes ou intercommunalités.
La professionnalisation des intervenants dès lors que l’on travaille auprès d’enfants ou de jeunes, est indispensable de même que l’évaluation des politiques éducatives mises en
place.
La FOCEL en formant ses personnels, en ayant obtenu la certification « ISO 9001 » pour tous ses secteurs d’activités entend poursuivre dans cette voie. Cette dynamique nous a permis en quatre ans de créer plus d’une centaine d’emplois à temps plein dans notre département et d’offrir à des jeunes un débouché de proximité. Le secteur est appelé à croître mais nous devons aussi porter notre regard vers d’autres horizons – la petite enfance,
l’accompagnement social des personnes défavorisées, l’accompagnement culturel des personnes âgées, l’insertion professionnelle des jeunes… Des propositions transversales sont à élaborer, des mutualisations sont à étudier entre partenaires, car se donner un horizon pour but est garant de la pérennité de notre association.
En Seine-et-Marne, l’emploi associatif représente plus de 7 % de l’emploi privé et continue sa progression. Aujourd’hui, alors que 80 % de nos activités sont financées
par les collectivités territoriales, nous sommes très attentifs aux projets de réforme de leur gouvernance et de leur financement par l’Etat.
Nous souhaitons que l’esprit des lois relatif à la décentralisation soit amplifié, que la prise en compte de l’Europe soit une réalité, que l’Etat garde ses missions régaliennes, qu’il fasse
de l’impôt un instrument de justice sociale comme devraient l’être « les services aux publics » et l’éducation nationale en particulier.
La FOCEL sera toujours aux côtés de ceux qui veulent s’accomplir en tant qu’individu et favoriser le collectif, de ceux qui s’appuient sur leur propre culture pour aller vers l’universel.
La FOCEL, par ses idéaux et ses réalisations, est ainsi fidèle à la tradition des mouvements d’éducation populaire qui ont façonné la trame civique et républicaine de notre pays.
Jean-Louis Boisanté, Président
Philippe MARIE, Directeur général
Le 16 avril 2010